Nonna,  avant son dernier sommeil, voyait des oiseaux, accrochés aux murs, cloués, aveugles; le bruit assourdissant de leurs ailes venait troubler le cours de nos conversations. Ils interrompaient à dessein, la quiétude des paroles chuchotées. Des oiseaux et ce gouffre aux pieds de son lit, et mon fauteuil de l'autre côté.Depuis cette île à peine éclairée par un abat-jour, je veillais, je veillais sur un corps présent et passé, entre l'intuition de la couleur inconnue et les esprits qu'elle invitait à se joindre à nous, depuis la porte invisible au fond de la chambre, près de cette fenêtre habillée comme une jeune mariée.
J'imprimais ces nuits, comme un sismographe affolé, de noir et de lignes, trop ancrée, trop consciente du dénouement, alors que déjà elle flottait...