Substrat

empreintes des temps enfouis

 

Toutes les photographies ne sont pas faites pour s’aligner dans des séries, toutes ne sont pas le fruit d’un intérêt précis; dans le flot des choses vues, où l’intérêt est suspendu au profit de l’émotion, il se crée des images extraites de moments que l’on voudrait toujours revivre pour la première fois. Ces photographies sont une couche sous-jacente, terrain primitif, presque naïf, sur lequel pousseront des images plus organisées.
Replonger dans ces modestes archives est une archéologie particulière. Si l’univers est bien le même, attaché à une réalité filtrée, capturée, aimée, il y a dans ces bois l’obsession d’une quête qui nous déplace dans différents lieux
  dont l’œil est le seul véritable point commun...
Ainsi, de cette base organique on cherche à trouver le sens et c’est comme remonter le fil d’un chemin inconnu, refaire une phrase de mots épars, trouver une parenté aux images orphelines, déchiffrer la cosmogonie d’un rêve.
il y a un mot japonais archaïque pour définir cet état d’adéquation à la nature, ce dialogue muet entre le corps et la terre, un mot qui inclut le monde et l’enveloppe qui nous déplace avec tout ce que nous sommes: Umusuna, le lieu d’où on vient.
Substrat réunit quelques unes de ces images où tremblent les ombres, où respirent, immortelles, les mémoires intimes de temps enfouis .
Substrat accueille les accidents, les intuitions errantes d’avant la pensée construite.